Sidy Ba : "Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je serai photographe"

 Aujourd'hui nous découvrons Sidy Ba, un artiste d'origine sénégalaise qui n'a jamais rêvé de photographie mais qui s'est découvert une passion pour ce métier. Il nous retrace son parcours et partage avec nous son quotidien de photographe.   

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Bonjour chers lecteurs, je suis Sidy BA, jeune photographe natif de Saint-Louis qui a grandi à Dakar précisément à Thiaroye. Je suis photographe de profession et Directeur Artistique digital dans une agence de communication de la place. Je suis spécialiste en art culinaire, publicité, mode, portrait et paysage.

  bath cairo by sidy ba

Comment arrivez-vous à la photographie ? Parlez-nous de vos débuts.
Je ne me suis jamais imaginé photographe. J'étais plus attiré par l’informatique.
C’est à Sup’Info Dakar que j’ai suivi des cours en multimédia numérique. Après ma licence, j’ai eu l’opportunité d'intégrer une agence de communication en tant que stagiaire. Ensuite, j’ai rejoint d’autres agences comme photographe et graphiste. C’est en 2011 que débute réellement ma carrière dans le secteur de la photographie.

Quel est votre style préférentiel ? Portrait, paysage, photographie de mode ?
Je n’ai pas de style préférentiel en photographie, ce qui m’attire c’est la beauté de l’image. L’essentiel pour moi c’est que j’obtienne le résultat attendu.

swag by sidy ba

Où puisez-vous votre inspiration ?
J’avoue que ça me vient assez naturellement, je ne force rien (rire).
Tout ce que je vois m’inspire : les personnes que je rencontre, mes collègues et surtout Internet. Je tire également mon inspiration du travail de photographes de talents tels que Cartier Bresson, Steeve McCurry, Sabastian Salgado, des photographes sénégalais comme Djibril SY ou encore Sidi Mouhamed Kandji.

Est-ce facile d’être photographe dans votre milieu ? Quels sont les plus grands défis ?
Je n’irai pas jusqu’à dire que dans ce métier, toutes les journées sont roses. Partout on rencontre des difficultés. Mais l’essentiel est de rester concentré sur ses objectifs afin de les atteindre. Mon challenge quotidien est de parvenir à faire de très belles images à partager avec mes abonnés sur les réseaux sociaux.

devotions by sidy ba

Canon ou Nikon ?
Carrément Canon !

Pourquoi ?
Je suis plus à l’aise avec un Canon. Tout mon équipement est Canon. Mais sinon au final, je trouve qu’il n'existe pas de grandes différences entre les deux marques.

Couleur ou plutôt noir sur blanc ?
Je ne dirais pas simplement noir et blanc. Certaines images sont meilleures en noir et blanc tandis que d’autres sont préférables en couleur.

Argentique ou numérique ?
Numérique ! C’est l’ère du numérique, il est plus adapté à notre génération.

Avez-vous un mentor, un modèle ?
Oui bien sûr ! Comme tout le monde ! J’ai un modèle en particulier et aujourd’hui je suis fier de ce que je suis devenu grâce à lui. Il s’agit de mon professeur Djibril SY. Ses conseils, ses critiques m’ont aidé à persévérer. Il me disait toujours que "ce n’est pas l’appareil qui fait la photo, mais le photographe lui-même". Ce qui m’a beaucoup aidé à progresser dans ce métier.

canoes by sidy ba

En dehors des réseaux sociaux, où peut-on apprécier vos travaux ?
Pour le moment c’est uniquement sur ces réseaux. Mais très bientôt mon site Internet sera en ligne.

Que représente la photographie pour vous?
Comme je vous l’ai dit tantôt, je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je serai photographe. À la base j’étais plus attiré par les arts numériques. C’est au cours de ma formation que j’ai pris goût à la photographie.
Ce qui me plait le plus dans ce métier, c’est l'exigence constante d'avoir l’œil sur certaines choses ou certains détails. Il est possible de transformer une image, la rendre moins banale aux yeux du public, d’en susciter une interprétation différente. C’est cela qui me fascine dans la photographie.

make up by sidy ba

Quand vous shootez, à quel moment pensez-vous qu’une photo est réussie ?
J’aime répéter “You don’t take a photograph, you make it”! Prendre une photo c’est tout simple, il suffit d'appuyer sur le déclencheur et "voilà". Cependant, créer une photo c’est une autre histoire. Il s’agit de faire une composition, pouvoir attendre le moment décisif. C’est après cela qu’on peut dire si une photo est réussie.

Parmi vos clichés, y'en a-t-il un que vous considérez comme votre meilleure prise de vue ?
Oui, bien évidemment !
Mon cliché favori s’intitule "l’enfant commissionnaire". C'est une photo toute simple : elle illustre un enfant qui revient d’une commission avec un pain fataya à la main. À chaque fois que je vois cette image, j’ai la nostalgie de mon enfance. Je pense qu’on a tous fait ces commissions chez le boutiquier ou le voisin du quartier. L’attitude de cet enfant me touche beaucoup. Tête baissée, tenant bien le précieux objet qui doit ramener à la maison. Cette attitude illustre parfaitement l’attention et la précaution que l’on mettait tous à éxécuter ces petites missions spéciales.
La photo est en noir et blanc, j’ai essayé de me rapprocher du style de Cartier Bresson, il en est de même pour le cadrage. 

childhood by sidy ba

Parlez-nous un peu de votre portfolio ; des travaux dont vous êtes particulièrement fière, vos récompenses éventuelles.
J’ai eu à travailler comme graphiste, photographe, designer et actuellement directeur artistique. Dans Dakar vous verrez très souvent sur les 4x3 certaines affiches publicitaires que j’ai réalisées.
Récemment j’ai remporté le prix Sunu Nataal Challenge 2017 dans la catégorie professionnelle après avoir terminé 3e à l’édition 2016. Cette récompense prouve bien qu’il ne faut jamais abandonner, qu’il faut continuer à travailler avec acharnement, à chercher l’inspiration pour prendre de meilleurs clichés.

Vous pouvez suivre Sidy Ba sur Facebook et Instagram.

 

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.